Le glyphosate est chahuté

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Claude
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Le glyphosate est chahuté

Message par Claude » 27 oct. 2017, 10:28

Une dépêche AFP parue sur le site de Libé. Elle décrit les acteurs qui font l'actualité de ce vieux débat et qui lui font prendre un nouveau virage.
Ces acteurs sont par ordre d'apparition en scène : 1) la commission européenne, 2) le Parlement européen, 3) les différents Etats, 4) des ONG et des lobbys, 5) des agences scientifiques, la société civile
Après l'appel du Parlement en faveur d'une élimination rapide de l'herbicide, la Commission revoit ses propositions, passant d'une autorisation du glyphosate pendant 10 ans supplémentaires à une période de 5 à 7 ans.



Glyphosate : sous pression, la Commission européenne vise une période d’autorisation réduite



La Commission européenne a révisé ce mardi sa proposition sur le renouvellement du glyphosate, désormais ouverte à une période d’autorisation réduite de cinq à sept ans, juste après l’appel du Parlement européen à éliminer progressivement l’herbicide controversé d’ici fin 2022. «Nous voulons que toute décision soit faite autour d’une majorité de nos Etats membres la plus grande possible», a expliqué le porte-parole de la Commission Margaritis Schinas lors d’un point presse à Strasbourg.
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A ce titre, l’exécutif européen a donné de «la marge» à son représentant au sein du comité d’experts chargé du dossier pour «structurer» ce soutien le plus large possible «autour d’une période de renouvellement de cinq à sept ans». La Commission est sous pression à la fois de la société civile et du Parlement européen.

Lundi, elle avait reçu les représentants d’une pétition citoyenne demandant l’interdiction du glyphosate qui a récolté plus de 1,3 million de signatures, un des plus gros succès pour ce type d’initative dans l’UE. Des ONG, Greenpeace en tête, mènent depuis de longs mois une campagne intensive à Bruxelles contre la substance. Et la décision de la Commission de revoir sa copie est intervenue peu de temps après un vote au Parlement qui exige l’élimination progressive du glyphosate dans l’UE d’ici 5 ans, plébiscitée par 355 voix pour (contre 111 absentations et 204 contre), au nom du «principe de précaution».

«Un signal fort»

La proposition de renouveler la licence pour une nouvelle décennie était «irresponsable», selon l’eurodéputée des Verts Michèle Rivasi. Les eurodéputés Eric Andrieu (France) et Marc Tarabella (Belgique) se sont félicités d’avoir envoyé «un signal fort aux gouvernements nationaux», tandis que pour leur collègue libérale Frédérique Ries, désormais «la balle est clairement dans le camp» des Etats membres.

Le changement au sein de la Commission tient compte de «l’évaluation des risques» réalisée par le Parlement européen et la décision a été prise «à la lumière de tous les éléments disponibles en Europe et à l’international», a souligné M. Schinas. Plusieurs pays membres, la France, l’Italie, l’Autriche, avaient publiquement annoncé qu’ils s’y opposeraient. Mais Paris avait aussi exprimé sa préférence pour une durée réduite.

Il faut une majorité qualifiée - 55% des Etats membres mais aussi 65% de la population - pour accepter ou rejeter la proposition de la Commission. La saga du renouvellement de la licence du glyphosate, qui arrive à expiration en décembre, dure depuis plus de deux ans dans l’UE, en l’absence de décision claire.

Vers une agriculture sans glyphosate

L’Association européenne des producteurs de pesticides (ECPA) a trouvé «encourageant de voir que le Parlement a voté une fois de plus» pour la réautorisation du glyphosate malgré les appels à l’interdiction. Une interprétation réfutée par Eric Andrieu : «On parle bien de disparition progressive». Pour Graeme Taylor de l’ECPA, les eurodéputés ont été influencées par les ONG «qui prétendent représenter l’opinion publique, mais représentent en fait l’hostilité contre l’industrie, et de façon plus inquiétante, contre la science».

Dans leur résolution, les eurodéputés souhaitent également interdire toute utilisation non professionnelle de la substance après 2017. Ils exhortent à apporter l’aide nécessaire aux cultivateurs afin d’assurer la transition vers une agriculture sans glyphosate, herbicide le plus utilisé en Europe. L’eurodéputée du PPE (droite) Angélique Delahaye a mis en garde contre le risque de «plonger les utilisateurs de cette substance dans une impasse technique». La controverse scientifique autour du glyphosate est au coeur du débat et de la résolution du Parlement.
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Le texte fait notamment référence à l’étude du Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l’OMS, qui l’a classé «cancérogène probable» en 2015, contrairement aux agences européennes, l’Efsa (sécurité des aliments) et l’Echa (produits chimiques). L’exécutif européen a rappelé plusieurs fois de son côté que d’autres autorités de régulation sont allées dans le même sens que les agences scientifiques de l’UE : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Japon, ainsi qu’un comité commun de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation) et de l’OMS. Les parlementaires évoquent de leur côté les développement judiciaires aux Etats-Unis, où des milliers de personnes atteintes de cancer ou leurs proches ont porté plainte contre le géant de l’agrochimie Monsanto, un des principaux producteurs de glyphosate et propriétaire du pesticide RoundUp.

Les courriels et des documents internes du géant américain de l’agrochimie divulgués dans le cadre de ces procédures jettent «le doute» sur la «crédibilité» d’études scientifiques publiées ou sponsorisées par Monsanto, estiment les eurodéputés.

AFP

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Claude » 27 oct. 2017, 10:50

Ce que j'apprécie dans cette dépêche est qu'elle donne une idée de qui intervient dans cette affaire,
et les acteurs sont nombreux. Il y a des institutions européennes et des agences ... mais pas que. Il y a des Etats souverains, et des éléments de la société civile cherchant à gagner en influence. On est loin des caricatures où tout est ramené à une dichotomie, à un combat du Bien contre le Mal, une lutte des Gentils contre les Méchants.

Si l'on nourrit l'espoir de peser dans ce débat, il faut tenir compte du champ de bataille réel avec ses acteurs influents. On pourrait souhaiter un champ de bataille plus simple mais c'est comme ça. Plus simple à lire ce n'est pas possible, ni même souhaitable ....

Bonne réflexion.

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Marie_May » 27 oct. 2017, 14:38

C'est bien de voir les choses de haut, Claude, mais ça ne fait pas bouger le schmilblic.
Il n'est pas une seule fois parlé des lobbies dans ton article. On ne dit pas non plus que donner une autorisation de 5 à 7 ans, c'est donner une autorisation renouvelable. Et que donc de cette façon ce n'est pas près de se régler.

La commission se décharge sur les états, sachant que ce sera plus difficile pour eux de se mettre d'accord pour prendre la décision.

Les agriculteurs en général ne veulent pas changer de pratique, alors qu'ils sont les premiers concernés par les soucis de santé et qu'ils le pourraient sans tant de difficultés. Ceux qui l'ont fait (il y en a, heureusement) savent que c'est possible, et que ça ne revient pas plus cher puisqu'on fait des économies de cochoncetés - ce qui contrebalance les pertes de production dues aux mauvaises herbes. Pour les limiter, ils passent la herse 1 fois par semaine environ.

Voici un autre article intéressant du Canard de cette semaine
https://farm5.staticflickr.com/4469/372 ... e84b_z.jpgpréfixe383 by Marie-May Nielsen, sur Flickr

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Claude » 27 oct. 2017, 15:28

MM
On en parle depuis tellement de temps de ces poisons, … qu'essayer de comprendre comment les forces en jeu interagissent, comment l'on avance et l'on recule, … et que faire l'effort de mieux discerner les acteurs qui sont dans la sphère des décisions ……… ne peuvent être que des aides pour avancer, et pour peser.
Franchement, le regard dont je fais la promotion est le contraire d'un point de vue "aérien" et sans doute lointain.
Enfin à titre perso. J'apporte en général mon soutien à Greenpeace.

I

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Marie_May » 27 oct. 2017, 15:33

Il y a déjà un moment que les forces sont en présence, Claude. Et on peut évidemment les cerner, les discerner, les étudier et les compter. Compter les pas en avant et en arrière et qui les fait. Mais l'interdiction du glyphosate serait tellement plus avantageuse pour nous tous que de compter les acteurs et les coups qu'ils se donnent.

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Claude » 27 oct. 2017, 15:39

Je ne.avais pas fini le message précédent.
"
Il est vrai que cette dépêche-là n'éclaire que de biais la question du distinguo "renouvellement " de l'autorisation qui appelle par définition d'autres renouvellements ultérieurs, et l'élimination progressive, scénario proposée par les parlementaires. Cela ne.est que suggère dans le paragraphe n@ 2 de la dépêche. Mais cela ne dévalué pas la teneur de ladite dépêche qui est diablement longue et détaillée pour une dépêche de l'AFP.

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Claude » 27 oct. 2017, 15:47

Marie_May a écrit :Il y a déjà un moment que les forces sont en présence, Claude. Et on peut évidemment les cerner, les discerner, les étudier et les compter. Compter les pas en avant et en arrière et qui les fait. Mais l'interdiction du glyphosate serait tellement plus avantageuse pour nous tous que de compter les acteurs et les coups qu'ils se donnent.
Pas trop d'accord. Â force de ne "rien voir arriver"
…… il est légitime de pousser la curiosité pour savoir comment les choses s'emboîtent.
J'en aurais marre de clamer qu'il y a de méchants fabricants de poisons d'une part et des victimes de l'autre.
Point barre.



Je dois m'occuper de la petite famille, la sieste se termine. J'ajouterai à la dépêche 2 articles qui complètent bien, :idea: à mon humble avis, le contenu de cette dépêche.


J'ai apprécié l'article du Canard que tu as posté. ;)

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Claude » 28 oct. 2017, 15:09

Autre document paru le 25 octobre 2017 , article signé par 2 journalistes de Libé.


LE MICMAC CONTINUE AUTOUR DU GLYPHOSATE


Après un nouvel échec mercredi à Bruxelles pour ré-autoriser, ou non, la licence de l'herbicide au niveau européen, plusieurs Etats-membres s'orientent vers une interdiction dans trois ans, plutôt qu'un renouvellement pour dix ans.


Le suspense continue dans la saga sans fin du glyphosate. Pour la énième fois, les Etats membres de l’UE ont échoué mercredi à s’entendre sur le renouvellement (ou non) de l’homologation de ce pesticide, qui expire fin décembre. Un comité d’experts représentant les Vingt-Huit s’est bien réuni à huis clos pour examiner la proposition de la Commission européenne de réautoriser l’herbicide pour dix ans. Mais aucune majorité qualifiée n’a pu se dégager.

Après avoir pris note des positions des différentes délégations, la Commission a indiqué dans un communiqué qu’elle allait «réfléchir» et proposer «sous peu» une nouvelle date de réunion, dans deux à trois semaines. «Impossible de s’entendre sur la proposition de la Commission», a déclaré le ministère danois de l’Environnement.

Un enjeu politique ultra-sensible

Les enjeux sont immenses : pesticide le plus utilisé au monde – il entre dans la composition de plusieurs centaines de produits, dont le célèbre herbicide Roundup, de Monsanto –, le glyphosate est suspecté par l’OMS d’être «cancérogène probable» et perturbateur endocrinien. D’où une vive querelle scientifique et une féroce bataille entre ONG et entreprises qui durent depuis des années, au point que le sort du glyphosate s’est transformé en enjeu politique ultra-sensible.
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Mercredi matin, 16 pays ont soutenu le renouvellement sur dix ans, dont les Pays-bas, l’Espagne et le Royaume-Uni. L’Allemagne et le Portugal se sont abstenus. Et la France, la Grèce, l’Italie, le Luxembourg, l’Autriche, entre autres, s’y sont opposés. Après le rejet de la proposition, la Commission a évalué le positionnement de chacun sur une proposition de renouvellement de cinq à sept ans, sans succès.

Renouvellement ou interdiction ?

Les Etats ont apparemment été influencés par le vote, mardi, au Parlement européen d’un avis (sans valeur contraignante) en faveur d’une extension de l’autorisation pour cinq ans, sous conditions, et après laquelle le produit serait définitivement interdit. Nuance de taille par rapport à un renouvellement.
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«Quand on parle de ce dernier, la durée est presque un non sujet, car un renouvellement est renouvelable par définition. Ce qui est très différent d’une sortie définitive et programmée assortie d’un délai de grâce, comme le propose le Parlement européen», explique Martin Pigeon, de l’ONG Bruxelloise Corporate Europe Observatory (CEO), un groupe de recherche sur les lobbies en Europe.

«Autre point très important : en cas de renouvellement, ce serait la nouvelle DJA qui s’appliquerait [Dose journalière admissible (DJA), quantité de substance chimique que peut ingérer un homme ou un animal, par jour, au cours de sa vie, sans aucun risque appréciable pour sa santé, ndlr]. Or l’ EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, a jugé bon en novembre 2015 de l’augmenter de 60%, ce qui augmente d’autant les résidus légaux admissibles de glyphosate.» Raison de plus, selon lui, de ne pas accepter un renouvellement.

Dissensions

C’est sur cette importante distinction entre «renouvellement» et «interdiction programmée» que les dissensions semblent désormais avoir lieu entre les Etats européens, mais aussi au sein de l’exécutif français. La France a déclaré, mercredi, soutenir une extension sur trois ans, et être prête à aller jusqu’à quatre ans pour arriver à un accord, selon une source gouvernementale contactée par Libération. Seulement, au ministère de l’Agriculture, on ne voudrait même pas descendre en dessous de cinq ans, selon une autre source.
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Le nouveau vote doit se tenir dans un délai de deux à trois semaines — la date du 6 novembre circule — et l’Allemagne serait sur le point de s’aligner sur Paris en approuvant une extension sur trois ans. Il faudrait ensuite un à deux ans d’écoulement des stocks prévus par les traités européens, sans quoi Monsanto pourrait attaquer la Commission européenne en justice. Les industriels pourraient aussi attaquer l’UE en cas d’absence de décision avant l’expiration de la licence en décembre.

La France leader ?

Plusieurs ONGs et eurodéputés appellent la France à se positionner comme leader sur la question. «Il est clair que la France a un rôle clef à jouer en Europe et doit rassembler autour d’une proposition prévoyant la sortie rapide dans l’UE de cet herbicide classé comme cancérogène probable», déclare François Veillerette, de Générations Futures.


Beaucoup demandent justement à la Commission de revoir sa copie en tenant compte de l’avis du Parlement européen. Pour les eurodéputés sociaux-démocrates Marc Tarabella et Eric Andrieu, les élus ont «clairement indiqué à la Commission européenne la direction de la sortie en excluant toute référence à un possible renouvellement». Pour Franziska Achterberg, de Greenpeace, un «renversement de situation» s’est opéré mercredi. «La Commission n’est pas parvenue pour la cinquième fois d’affilée à obtenir un soutien suffisant des gouvernements européens […] A moins que la Commission ne soutienne une interdiction, elle continuera d’échouer.»

Des restrictions nécessaires

Au-delà de cette question (renouvellement ou interdiction), Martin Pigeon insiste aussi sur un autre point important : «Pendant l’extension de la licence du glyphosate, il faudrait imposer des conditions d’utilisation restreintes, comme l’a préconisé le Parlement européen mardi. Ce pesticide ne doit plus être autorisé pour les particuliers et dans les jardins publics et ne devrait être utilisé qu’en dernier recours par les agriculteurs.» Et d’ajouter : «Dès la fin de l’année, ces derniers ne devraient plus être autorisés à «griller» les cultures avec l’herbicide avant la récolte. C’est la pratique qui expose le plus les consommateurs.» Pigeon fait aussi partie de ceux qui ont lancé en février 2017 une pétition paneuropéenne («Initiative Citoyenne Européenne», ICE), pour l’interdiction du glyphosate, laquelle a obtenu plus de 1,3 million de signatures, un des plus gros succès pour ce type d’initiative citoyenne dans l’UE.

Cette pétition doit légalement être prise en compte par la Commission. Le texte demande à Bruxelles de prévoir aussi des mesures d’accompagnement pour les agriculteurs, afin qu’ils ne remplacent pas le glyphosate par une autre molécule au moins aussi toxique (comme le glufosinate-ammonium), mais qu’ils changent plutôt de pratiques agricoles et apprennent à se passer de pesticides. Cette initiative citoyenne réclame aussi, à la Commission, une réforme de la procédure d’approbation des pesticides. Ils devraient être homologués uniquement sur la base d’études scientifiques publiques (et non sur celles des industriels, tenues secrètes, comme c’est le cas aujourd’hui).

Coralie Schaub , Aude Massiot
Les caractères gras et soulignements sont de mon fait.
J'ai bon espoir de voir enfin le bout d'un tunnel à moyen terme. Ce qui semblait impossible jusqu'à peu. ;) ;)

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Marie_May » 28 oct. 2017, 16:05

«Autre point très important : en cas de renouvellement, ce serait la nouvelle DJA qui s’appliquerait [Dose journalière admissible (DJA), quantité de substance chimique que peut ingérer un homme ou un animal, par jour, au cours de sa vie, sans aucun risque appréciable pour sa santé, ndlr]. Or l’ EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, a jugé bon en novembre 2015 de l’augmenter de 60%, ce qui augmente d’autant les résidus légaux admissibles de glyphosate.» Raison de plus, selon lui, de ne pas accepter un renouvellement.
J'ignorais ce fait. Vous le saviez, vous? Incroyable....
Au-delà de cette question (renouvellement ou interdiction), Martin Pigeon insiste aussi sur un autre point important : «Pendant l’extension de la licence du glyphosate, il faudrait imposer des conditions d’utilisation restreintes, comme l’a préconisé le Parlement européen mardi. Ce pesticide ne doit plus être autorisé pour les particuliers et dans les jardins publics et ne devrait être utilisé qu’en dernier recours par les agriculteurs.» Et d’ajouter : «Dès la fin de l’année, ces derniers ne devraient plus être autorisés à «griller» les cultures avec l’herbicide avant la récolte. C’est la pratique qui expose le plus les consommateurs.»
Pas mal non plus, cette pratique...

Quand même, ça semble se décanter un peu. Croisons les doigts et merci à ceux qui manifestent et se battent pour nous.

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Claude » 28 oct. 2017, 16:13

Je ne parlais que d'un seul bout du tunnel car il faut faire attention invoquée par les uns ou les autres. Si la fin du glyphosate est annoncée, les raisons officielles sont à regarder à la loupe. Si c'est le seul caractère cancérigène — probable ou avéré — qui est avancé, et enfin reconnu au niveau des États souverains, le chemin d'une agriculture durable restera bourbeux.
Le documentaire de Marie-Monique ROBIN précisé qu'une autre caractéristique de ce poison, qu'il soit également un chélateur de métaux, le rend peu favorable aux cultutres puisqu'il priverait les plantes de composants indispensables à leur développement.





À suivre.

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Claude » 10 nov. 2017, 16:43

La situation bloquée continue. Voici un état des lieux et quelques dates de RV rapportés par un autre journal que Libé.
Glyphosate : l’Europe dans l’impasse

Après deux ans de négociations, Bruxelles n’a pas réuni de majorité sur une réautorisation du pesticide pour cinq ans. Un comité d’appel se réunira fin novembre.

LE MONDE | 10.11.2017 à 06h43 | Par Stéphane Horel


Ni pour ni contre. La décision sur l’avenir du glyphosate est de nouveau reportée. Jeudi 9 novembre dans la matinée, malgré l’intensification du débat autour de l’herbicide au cours des dernières semaines, la proposition de la Commission européenne de le réautoriser pour cinq ans n’a pas atteint la majorité qualifiée nécessaire à son adoption lors de la réunion des représentants des Etats membres au sein d’un comité spécialisé. La Commission a d’ores et déjà annoncé qu’elle soumettrait le texte à un comité d’appel qui, d’après nos informations, devrait se réunir le 27 ou le 28 novembre.

Cette impasse européenne s’explique en partie par l’abstention de l’Allemagne, due aux difficultés de la chancelière allemande Angela Merkel pour former un gouvernement. Or le pays représente 16,06 % de la population de l’Union européenne (UE), alors que la Commission a besoin de 55 % des Etats membres représentant au moins 65 % de la population.
Deuxième facteur décisif : le refus de la France d’accorder un renouvellement au-delà de trois ans. Une opposition déterminée qui a entraîné d’autres pays dans son sillage.


Au total, ce sont neuf pays, dont la France, qui ont voté contre la proposition. Certains, comme la Belgique ou le Luxembourg, avaient annoncé leur intention en amont.
Cinq Etats membres se sont abstenus,
et quatorze ont voté pour, dont l’Espagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.


Avec seulement 37 % des Etats membres en sa faveur, la proposition souffre d’un manque d’adhésion évident, malgré une révision à la baisse. Alors que son projet initial fixait la durée d’autorisation à dix ans, la Commission l’avait en effet modifié le 24 octobre, dans la foulée d’un vote au Parlement. Malgré son caractère non contraignant, une résolution en forme de coup de pression demandait une interdiction progressive du glyphosate en cinq ans, ainsi qu’une interdiction, dès le 15 décembre, des usages non professionnels et des usages dans les jardins publics. La Commission n’avait cependant pas suivi les eurodéputés sur ces derniers points. En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence spécialisée des Nations unies (ONU), avait classifié le glyphosate « cancérigène probable » pour l’homme.

Un enjeu majeur

Le comité d’appel qui se réunira fin novembre est également constitué de représentants des Etats membres qui votent à la majorité qualifiée. Il est peu probable que leurs positions changent d’ici là, et la Commission pourrait encore se retrouver dans une impasse. Elle aura dans ce cas la possibilité de décider unilatéralement une extension de l’autorisation, comme elle l’avait déjà fait à deux reprises dans l’attente des expertises scientifiques des agences européennes.

« C’est normal que le passage de dix ans à trois ans ne se fasse pas de manière si fluide mais on avance, on est en train de changer d’échelle », a commenté Nicolas Hulot, qui s’est dit « fier » que la France ait « tenu bon ». Aux yeux du ministre de la transition écologique et solidaire, pour qui ce dossier représente un enjeu majeur, il est désormais question de « s’affranchir de toutes ces molécules qui de manière assez justifiée occasionnent une défiance entre le consommateur et le mode alimentaire ». Cette discussion, impensable il y a encore quelque mois, est aujourd’hui ouverte. « Tout le monde », selon M. Hulot, l’a « inscrite dans son logiciel ».

En parallèle, l’initiative citoyenne européenne (ICE) sur le glyphosate poursuit son chemin institutionnel. Signée par plus d’un million de personnes et officiellement enregistrée début octobre, elle demande une interdiction du glyphosate, une réforme de la procédure d’homologation des pesticides, et la fixation d’« objectifs obligatoires de réduction de l’utilisation des pesticides ».

Dans ce cadre, la Commission sera auditionnée au Parlement le 20 novembre. C’est le commissaire à la santé, le Lituanien Vytenis Andriukaitis, qui devrait répondre aux questions des députés de trois commissions (environnement, agriculture, pétitions). A une semaine de la réunion du comité d’appel, ce prochain épisode du feuilleton glyphosate devrait faire encore monter la tension d’un cran.



En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... 7JISoqC.99
Désolé si j'ai alourdi le texte par mes mises en caractères gras.

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Claude » 10 nov. 2017, 17:07

Cet article montre la complexité des débats et la multiplicité des acteurs de décisions. Cet aspect de la réalité est souvent gommé dans les rapports que font les médias quand ils abordent ces questions. Et c'est dommage.

;)

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Claire » 21 nov. 2017, 18:44

Ça vient de sortir, le glyphosate n'est pas plus dangereux que ça !

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Re: Le glyphosate est chahuté

Message par Claude » 22 nov. 2017, 13:35

En effet, Claire.
Petite remarque. Il est un peu dommage que les nuisances sur la santé de la terre
soient trop souvent négligées dans la presse.
L'article ci-dessous n'est pas assez renseignée sur les détails de cette étude
alors j'y joins le fil de commentaires.

    L'UE doit se prononcer sur la prolongation de l'autorisation du glyphosate lundi.



    Une publication scientifique américaine reconnue met en lumière une recherche qui conclut au caractère non cancérogène du pesticide controversé sur lequel l'UE doit statuer lundi.


    Glyphosate et cancer : une étude sème le trouble

    Alors que l’Union européenne doit statuer lundi sur le sort du glyphosate en son sein, une étude s’invite en dernière minute dans le débat. Et sème le trouble. Le 9 novembre, le Journal of the National Cancer Institute a publié les données d’une recherche selon laquelle l’exposition au pesticide le plus utilisé au monde – il entre dans la composition de plusieurs centaines de produits, dont l’herbicide phare de Monsanto, le Roundup – n’augmenterait pas le risque de déclarer un cancer. Des conclusions pour le moins détonantes alors que le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), agence spécialisée de l’OMS créée en 1965 et basée à Lyon, a classé en 2015 le glyphosate comme «cancérogène probable» et perturbateur endocrinien pour l’espèce humaine.

    Commanditée et financée par des institutions publiques américaines de recherche, l’étude, baptisée «Agricultural Health Study» (AHS), avance qu’il n’y a pas d’association entre l’herbicide décrié et les cancers «solides», ni avec les cancers du sang, contrairement à d’autres travaux précédemment publiés.

    Etude «importante, sérieuse et bien réalisée»

    Sous l’égide de Laura Beane Freeman, épidémiologiste au National Cancer Institute et spécialiste de l’interaction entre les pesticides et la survenue de la maladie, une douzaine de chercheurs ont suivi vingt ans durant quelque 50 000 travailleurs agricoles des Etats de l’Iowa et de Caroline du Nord. Dans ce groupe, 9 300 n’ont jamais été en contact avec le glyphosate. Dès lors, l’objectif des scientifiques était clair : dénombrer parmi le panel les agriculteurs malades d’un cancer, puis évaluer la proportion de ceux qui ont été en contact avec le glyphosate et ceux qui ne l’ont pas été. Résultat, lors de la période de suivi médical du groupe faisant partie de l’étude (vingt ans), quelque 7 000 travailleurs agricoles ont déclaré la maladie. Soit, selon les chercheurs, la même proportion d’individus qu’ils aient été ou non exposés au glyphosate.

    Pour le Circ, l’étude de l’AHS est «importante, sérieuse et bien réalisée». Et l’organisme lié à l’OMS de préciser qu’en 2005, il avait déjà pris en compte les conclusions de cette étude dans l’évaluation du glyhosate. «Conclusions qui disaient déjà à l’époque qu’il n’y avait pas d’association entre le lymphome hogkinien et le glyphosate.» Mais quid de cette mise à jour ? Réponse : «Elle aboutit aux mêmes résultats mais sur une période plus longue. Pour autant, cette nouvelle étude ne change pas la classification du glyphosate car le Circ a pris en compte beaucoup d’autres études publiées. Et elle ne contrebalance pas ces autres études combinées.»

    Reste à attendre lundi pour savoir si l’étude publiée dans le Journal of the National Cancer Institute aura influé sur la décision d’une Union européenne indécise sur la question de l’interdiction de l’utilisation du glyphosate à compter de décembre. Ou, a contrario, de renouveler l’autorisation de son usage pour un temps qui reste incertain.

    Philippe Brochen

    Claude
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    Re: Le glyphosate est chahuté

    Message par Claude » 22 nov. 2017, 13:36

    Et les commentaires du fil de discussions :
    MARC E.
    22 Novembre 2017 à 9:28

    On fait appel à la science, et on tient compte de ses résultats, quand cela va dans le sens souhaité, économiquement ou politiquement.

    Globalement et à l'échelle des statistiques modernes, on a l'impression que plus on s'est éloigné de pratiques ancestrales, plus la durée de vie moyenne a augmenté.

    Donc il faut faire la part des choses et, sauf consensus à peu près général sur les effets positifs ou négatifs de tel comportement, se contenter d'argumenter philosophiquement sur les bienfaits de la nature préservée.




    zlotzky
    22 Novembre 2017 à 0:49

    J'aimerais bien avoir plus de détails car un point m'interpelle. Si j'en crois les données de l'article il y aurait donc eu 7000 cancers déclarés sur une population de 50000 individus observés, soit un taux de prévalence de 14% alors qu'à ma connaissance le taux de prévalence de la population générale est inférieur à 5%. Cela supposerait que le taux de prévalence est prés de 3 fois supérieur dans la population agricole que dans la population générale, ce qui est contredit par d'autres études (EFSA notamment). Par contre, la population agricole est plus touchée par un certain type de cancers tels que prostate, testicule, mélanomes malins et tumeurs cérébrales, et quatre formes de cancer des cellules sanguines ou de la moelle osseuse, d'où les soupçons.

    En outre, si 9300 agriculteurs n'ont pas utilisé de glyphosate on ne sait pas s'ils ont utilisé d'autres produits phyto-sanitaires qui pourraient être aussi (potentiellement) dangereux.

    Bref, on n'est pas vraiment avancés mais les pesticides ne sont que la partie émergée du problème de l'agriculture intensive.



    CLAUDE P.
    21 Novembre 2017 à 23:37

    Attention.

    Il y a souvent une absence importante dans ces informations. Elles sont trop centrées autour de la dangerosité pour la santé des agriculteurs et des consommateurs, et de plus s'inscrivent dans une perspective à court et moyen termes.

    .

    Or, le glyphosate et ses cousins sont néfastes pour les sols, pour la vie dans les sols. Ils appauvrissent, stérilisent la couche arable, fertile qui nourrit les hommes. Ils s'opposent à l'idée même de durabilité. Â long terme, ce sont des poisons pour l'humanité.

    .



    Commentaire L.
    21 Novembre 2017 à 19:22

    Forcement une etude qui ne va pas dans le sens des ecolos est forcement bidonnee ainsi qu'une preuve du complot blablabla...

    Meme non cancerigene ca ne veut pas dire que c'est bon pour la sante (il y a d'autres maladies que le cancer).


    M. C.
    21 Novembre 2017 à 18:27

    Sur une population de 50 000 travailleurs agricoles, 40 700 ont donc été au contact de glyphosate, 9 300 non (est-il possible d'affirmer qu'ils ne l'ont pas été à 100%, on retrouve des traces de cette substance chez des personnes qui ne manipulent pas le produit, il me semble). Est-ce un rapport suffisant pour décider que le responsable des cancers (détectés) des 7 000 travailleurs agricoles n'est pas le glyphosate ?

    Un rapport opportun pour la firme à qui le pesticide rapporte entre 4 et 5 milliards d'euros par an.



    herve g.
    21 Novembre 2017 à 17:36

    Etonnant cette étude, ça tombe a point nommé comme si quelqu'un ou quelque chose avait précipité ou anticipé une conclusion ... Faudrait pas se laisser abuser, tout le monde bouffe du glyphosate du matin au soir ...

    Qu'ils le boivent donc si c'est si inofensif !



    anabelle t.
    21 Novembre 2017 à 17:10

    Déjà curieux quand on dit que ""Dans ce groupe, 9 300 n’ont jamais été en contact avec le glyphosate." alors qu'on en retrouve dans la quasi totalité des aliments en vente....

    Claude
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    Re: Le glyphosate est chahuté

    Message par Claude » 26 nov. 2017, 20:36

    A Bruxelles, la France votera contre le renouvellement du glyphosate pour cinq ans

    La secrétaire d’Etat Brune Poirson a confirmé au « JDD » que la France voterait contre le renouvellement de l’herbicide de Monsanto pour cinq ans et projette une sortie progressive sur une durée plus courte.

    Le Monde.fr avec AFP | 26.11.2017 à 16h51 • Mis à jour le 26.11.2017 à 17h17


    Lundi 27 novembre, les Etats membres de l’Union européenne doivent se prononcer, en comité d’appel, sur l’homologation du fameux herbicide glyphosate, déclaré « cancérogène probable » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2015. La France votera contre son renouvellement pour une durée de cinq ans, « seule proposition sur la table » de l’ultime réunion lundi à Bruxelles, a fait savoir, dimanche, dans Le JDD Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot.

    « La Commission européenne mettra, lundi, une seule proposition sur la table : celle d’un renouvellement du glyphosate pour une durée de cinq ans », explique Mme Poirson dans une tribune intitulée « Pour en finir vraiment avec le glyphosate ».

    « Considérant les risques, la France s’opposera à cette proposition et votera contre. La France veut construire une sortie progressive du glyphosate et, avec plusieurs partenaires, pense qu’une durée plus courte serait possible », précise la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire.

    Décider rapidement du sort du glyphosate

    Les représentants des pays européens sont divisés sur la durée de renouvellement de la licence de l’herbicide le plus utilisé au monde, à travers le Roundup du groupe Monsanto, la France prônant trois ou, à la limite, quatre ans maximum.
    Lire aussi : Glyphosate : l’Europe dans l’impasse
    La réunion de lundi est cruciale pour tenir les délais : le sort du glyphosate doit être scellé avant le 15 décembre, faute de quoi il sera interdit à la vente. Or, « un arrêt immédiat de l’autorisation n’est pas possible », convient Mme Poirson, aucune alternative sans danger pour la santé n’étant disponible sur le marché. Faute d’accord lundi à Bruxelles, il reviendra à la Commission de trancher.

    Le classement du glyphosate comme « cancérogène probable » par le CIRC, une agence de l’OMS composée de scientifiques internationaux, s’était fait en 2015 sur la base des recherches publiées. Il s’agissait notamment d’études d’exposition agricole ainsi que d’observations sur des animaux en laboratoire.
    Lire aussi : « Monsanto papers », désinformation organisée autour du glyphosate
    Les partisans d’un renouvellement du glyphosate pour une durée plus longue mettent en avant une étude américaine publiée le 9 novembre dans la revue Journal of the National Cancer Institute. Cette étude, pour laquelle des chercheurs ont suivi pendant vingt ans 50 000 travailleurs agricoles en Iowa et en Caroline du Nord, n’a pas montré d’association statistique entre glyphosate et cancer.


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... GYqHZ8v.99

    Claude
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    Re: Le glyphosate est chahuté

    Message par Claude » 27 nov. 2017, 14:27

    Le précédent article du Monde était limité à la position de la France lors du vote des 28 pays membres de l'Union.

    Aujourd'hui, je tombe sur un texte plus intéressant car il décrit mieux la scène
    où se déroule l'action qui se termine aujourd'hui par le vote de tous les États concernés,
    et les règles du jeu en cours, d'un jeu compliqué.
    Des règles pas simples à comprendre … comme ce mode de scrutin à la majorité qualifiée.
    Comme les modes de fonctionnement institutionnels. Comme les contraintes juridiques.

    Toutes informations qui nous échappent quand on ne s'informe qu'avec les journaux télévisés
    et leur système d'infos trop raccourcies, des flashs
    qui finissent par implanter dans nos esprits des visions débarrassées de l'essentiel des contraintes de la réalité.
    Tous les pays, comme tous les citoyens d'un pays ne partagent pas notre méfiance ou notre opposition à l'emploi de ce biocide (et encore plus à l'égard d'autres biocides moins contestés).
    Certes les entreprises de l'agrochimie ont un pouvoir énorme (exercé au travers de groupes de pression)
    mais elles n'ont pas tous les leviers en main.


    <

    Après deux ans de négociations, l’UE doit statuer sur le glyphosate

    Les Vingt-Huit, réunis en comité d’appel après l’échec de toutes les tentatives précédentes pour s’accorder, doivent décider, lundi après-midi, de réautoriser ou non le pesticide de Monsanto pour cinq ans
    .


    LE MONDE | 27.11.2017 à 10h40 • Mis à jour le 27.11.2017 à 11h23 |
    Par Stéphane Foucart et Stéphane Horel



    La saga du glyphosate touche à son terme. L’Union européenne devait décider, lundi 27 novembre dans l’après-midi, de réautoriser ou non le célèbre herbicide, le produit phytosanitaire le plus utilisé au monde et principe actif du célèbre Roundup. Après deux ans et demi d’expertises contradictoires, d’atermoiements et de réautorisations temporaires, il ne reste plus d’échappatoire.

    Les représentants des Vingt-Huit, réunis en comité d’appel après l’échec de toutes les tentatives précédentes pour s’accorder, doivent s’exprimer sur la proposition de la Commission européenne : réautoriser pour cinq ans le pesticide sur le Vieux Continent. Des marges de discussions demeurent toutefois possibles au cours de la réunion et la proposition de Bruxelles pourrait se voir amendée avant d’être mise au vote. Des palabres de dernière minute ne sont d’ailleurs pas exclues : le ministre français de l’agriculture, Stéphane Travert, devait rencontrer le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, quelques heures avant la réunion.

    Selon nos informations, le rapport de force n’était encore, à la veille du vote, guère favorable au projet de l’exécutif européen. La Commission a en effet besoin d’une majorité qualifiée rassemblant au moins 55 % des Etats membres, représentant au moins 65 % de la population européenne. Le quota des 55 % d’Etats favorables devrait être atteint, mais le seuil des 65 % de la population européenne pourrait demeurer hors de portée.

    Lire aussi : Glyphosate : révélations sur les failles de l’expertise européenne

    De fait, l’Italie, l’Autriche et la Belgique s’apprêteraient à voter contre, aux côtés de la France. « Considérant les risques, la France s’opposera à [la] proposition [de la Commission] et votera contre, a rappelé Brune Poirson, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, dans une tribune publiée la veille de la réunion dans Le Journal du dimanche. La France veut construire une sortie progressive du glyphosate et, avec plusieurs partenaires, pense qu’une durée plus courte [que cinq ans] serait possible. » La France, suivie par sept autres pays européens, demande en outre une réforme profonde des agences d’expertise.

    Le poids de l’Allemagne

    Paris semble ainsi s’aligner sur le Parlement européen qui a voté, fin octobre, en séance plénière, une résolution non contraignante enjoignant à la Commission « d’adopter les mesures nécessaires à l’élimination progressive de la substance active glyphosate dans l’Union européenne d’ici au 15 décembre 2022 au plus tard et de s’assurer que toute utilisation du glyphosate est interdite à partir de cette date », ce délai incluant les périodes au cours desquelles les stocks peuvent être écoulés et utilisés.

    L’Allemagne, elle, s’était abstenue lors du dernier comité ; l’issue du vote de lundi repose en grande partie sur elle. Cependant, les difficultés que continue de rencontrer la chancelière Angela Merkel pour former un gouvernement semblent maintenant fermer toute possibilité de changement de position du pays. D’autant que le feuilleton du glyphosate y est suivi de près par l’opinion et que les Verts représentent outre-Rhin une force politique non négligeable. Sauf surprise, l’Allemagne devrait donc de nouveau s’abstenir. En retirant du jeu la part décisive qu’elle représente dans la population européenne (16 %), et en rendant impossible l’obtention d’une majorité qualifiée.

    Que se passera-t-il en cas d’échec de la proposition de Bruxelles ? Si les Etats membres ne parviennent pas à s’entendre sur d’éventuels amendements, ce sera à l’exécutif européen de trancher. S’il se confirme, le ralliement de dernière minute à sa proposition de la Bulgarie et de la Roumanie – qui s’étaient auparavant abstenues – devrait permettre à la Commission de se prévaloir du soutien de 16 des 28 Etats. L’exécutif européen pourrait arguer de ce socle de légitimité pour passer en force et imposer son projet.

    Dommages et intérêts

    Une telle option serait politiquement délicate, puisqu’elle passerait outre non seulement la majorité qualifiée nécessaire et la résolution du Parlement, mais aussi l’initiative citoyenne européenne – une procédure encadrée par les instances de l’Union – demandant une sortie du glyphosate et qui a rassemblé, en quelques mois, plus d’un million de signatures.

    Lire aussi : Dangerosité, toxicité, utilité : le débat sur le glyphosate résumé en discussion pour/contre

    Une autre option, plus radicale, est théoriquement possible : si la Commission refuse d’endosser le coût politique d’une réautorisation de l’herbicide controversé, elle peut ne pas prendre de décision et laisser expirer la licence du glyphosate. Celle-ci arrive à échéance le 15 décembre. Le temps pour les industriels d’écouler leurs stocks et pour les utilisateurs d’utiliser les leurs, le pesticide disparaîtrait d’Europe dans les deux ans environ.

    Une telle décision ne serait pas sans risque juridique : les vingt-quatre firmes agrochimiques commercialisant des produits à base de glyphosate pourraient alors poursuivre la Commission. Celle-ci confirme avoir reçu plusieurs courriers en ce sens, au cours du mois d’octobre. D’après le quotidien allemand Tagesspiegel, certaines firmes évoquent le montant de 15 milliards d’euros de dommages et intérêts si Bruxelles ne réautorise pas le glyphosate. Le 13 novembre, auditionné par la commission de l’agriculture du Parlement européen, M. Andriukaitis a déclaré aux eurodéputés : « Si je suis vos conseils, qui paiera les amendes si cela se finit au tribunal ? C’est moi qui suis responsable, pas vous. »


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... YCKy3jB.99

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    Re: Le glyphosate est chahuté

    Message par xyla56 » 27 nov. 2017, 16:25

    Réautorisé pour 5 ans!

    Claire
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    Re: Le glyphosate est chahuté

    Message par Claire » 27 nov. 2017, 17:04

    Mouais ! 5 ans + 5 ans + 5 ans...

    Marie_May
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    Re: Le glyphosate est chahuté

    Message par Marie_May » 27 nov. 2017, 19:35

    réautorisé et pas de sortie en vue...

    Pourquoi ne pas aller au plus facile. Quand les firmes agrochimiques menacent de tribunal... on s'écrase...

    Claude
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    Re: Le glyphosate est chahuté

    Message par Claude » 27 nov. 2017, 20:54

    Au vote, c'est une majorité qualifiée qui l'a finalement emporté ; pour cela, il fallait 55% des États rassemblant 65% de la population européenne. Pour la plus grande partie du continent européen, ce sera donc 5 ans de plus. Mais les pays qui n'en veulent pas chez eux … ne seront pas contraints par cette position majoritaire.

    Le gouvernement français va sans doute se préparer à sa disparition. Probablement en 3 ans. On peut prévoir les tracteurs de la FNSEA en travers des routes !

    Claire
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    Re: Le glyphosate est chahuté

    Message par Claire » 28 nov. 2017, 19:28

    Et pourtant une dame ce matin qui cultive sur une centaine d'hectares à expliqué comment s'en passer : en arrachant l'herbe. C'est tellement plus simple d'appliquer un produit chimique. Avec les engins monstrueux qu'ils possèdent un ou deux tours de champ en plus ça ne doit pas être trop compliqué.

    Claude
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    Re: Le glyphosate est chahuté

    Message par Claude » 28 nov. 2017, 20:08

    Oui, je l'ai entendue également cette productrice.



    Ça y est, la FN'SEA râle : " Les producteurs français seront désavantagés … "



    Etonnement devant le fait que le ministre de l'agriculture allemand aurait voté Oui à la prolongation de 5 ans pour le glyphosate, sans prévenir ni la ministre de l'environnement allemande ni la chancelière ! Hum ! Ça doit chauffer derrière les portes ….

    Marie_May
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    Re: Le glyphosate est chahuté

    Message par Marie_May » 29 nov. 2017, 12:19

    En effet, on en entend de belles...

    Désavantagés, qu'ils seront les malheureux. Heureusement qu'ils sont quand même un certain nombre à semer des engrais verts AUSSI pour étouffer leurs mauvaises herbes, par exemple.

    Claire
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    Re: Le glyphosate est chahuté

    Message par Claire » 01 déc. 2017, 13:26

    François Morel a enfoncé le clou ce matin sur FI.

    Répondre